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L’URGENCE DE LA PENSEE , Par Maurice KAMTO Etre un intellectuel c’est penser et exprimer sa pensée, sans penser que sa pensée est marquée du sceau de l’irréfutabilité. Le Penseur En attendant les penseurs ! Je voudrais souligner le préjudice incomparable de décennies d'unanimisme et de monolithisme sur les peuples africains; Montrer que l'absence de pensée plus exactement d'une pensée libérée est la cause première de notre dérive collective ; Que l'expression tolérante des idées divergentes dans un contexte de démocratie pluraliste est, pour l'Afrique comme ce l'est déjà pour d'autres régions du monde, la seule véritable chance de survie, Ceci parce que le pluralisme est fondé sur la confiance en l'individu, en le génie de l'Homme, sur sa capacité d'invention de l'histoire, sur le potentiel insondable de son moi, notamment son désir d'être et de triompher. Je fais preuve ainsi d’un militantisme obstiné et exacerbé pour la raison, la liberté et la démocratie car elle est l'expression d'une passion que le temps et les épreuves n'ont pu atteindre ou déteindre. D’ailleurs LAMENAIS nous le rappelle ainsi " les passions du cœur sont plus vives mais moins constantes que les passions de l'esprit" L'Afrique traine mais le monde ne nous attend pas, il avance. Le complexe de colonisé doit mourir en nous pour que naisse la conscience de nos déficiences ainsi que l'élan d'orgueil et de fierté qui met les peuples debout. L’Afrique a cruellement besoin de penseurs ! Demain sera-t-il un deuil infini de nos errements ou bien, comme hier un narcissisme sur notre misère sublimée? Où trouver des ressources pour affronter la fureur du temps et s'élancer à l'assaut du ciel? Sans nous les faits se succèdent, s'amoncellent, s'enchevêtrent au hasard des circonstances. Avec nous ils se structurent et prennent sens, ils se mettent en perspective et deviennent histoire. L'occident a croqué tous ses rêves ou presque, mais elle nous absorbe encore cette masse d’exilés volontaires, Prométhées égarés oublieux de leur mission, fascinés par l'abondance de la moisson en ces terres fécondes ou enivrés par la brise vivifiante de ces espaces de liberté que d'autres ont conquis dans les larmes et dans le sang. Nous avons encore de quoi rêver: la liberté, la démocratie, le savoir, le bien-être, la libération de nos fantasmes les plus échevelés… Mais c'est d'un rêve éveillé dont nous avons besoin. Que la raison soit à l'œuvre pour que recule la nuit, et qu'ainsi le débat sur notre devenir soit sauvé de la cacophonie. Si la pensée est essentielle à l'existence humaine, c'est parce qu'elle nous donne l'aptitude à percevoir derrière l'illusion; C'est parce qu'elle nous ramène constamment à l'essentiel dans l'ordre des sociétés humaines, c'est-à-dire à l'homme. Si la pensée nous élève à l'intelligence de cette condition humaine, elle nous aidera à jetter les bases d'un développement alternatif fondé sur la solidarité humaine et dédaigneux de l'indifférence. Penser c'est prendre conscience : c'est franchir les frontières de l'intelligence qui est parfois fulgurant, mais qui, bien souvent, n'est qu'une compétence spécialisée, une technicité campée sur une portion du territoire de la connaissance. La pensée comme acte de conscience s'élève sans s'évader, côtoie les cimes sans se dissoudre dans les nuée, prend du recul sans rien quitter, voit loin sans s'éloigner des choses. C'est pourquoi elle devine le futur sans être infidèle à hier et ramasse dans la vie de tous les jours les matériaux pour bâtir l'avenir. Guy Hermann FEUNOU ---------------------------- FIN ARTICLE ------------------------------ Cet article est hors compétition
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